

La 15ème édition du Festival Mettre en Scène a eu lieu
Une réussite pleine de promesses
Mettre en scène, rencontre internationale de metteurs en scène et de chorégraphes, vient de se terminer. Cette édition, l’une des plus belles depuis la création du festival en 1995, a été marquée par l’opposition de ses organisateurs à la théorie du déclin du spectacle vivant.
Au contraire, Brest, pour la première fois, Vannes pour la seconde, ont rejoint Rennes, Saint-Jacques de la Lande, Bruz, Quimper et Lannion, pour créer un festival axé sur la modernité où s’affichent créations contemporaines et impromptus.
Du côté des jeunes artistes, beaucoup de réussites :
Poetry de la chorégraphe Maud Le Pladec, Au pied du mur sans porte de Lazare, Piscine (pas d’eau) de Marc Ravenhill, par Thomas Jolly et sa Piccola Familia, Nichons là par Rémi Luchez et Olivier Debelhoir, Rhizikon par Chloé Moglia, L’art de la fugue de Yoann Bourgeois, Zombie Aporia de Daniel Linehan, Habit(u)ation par Anne-Cécile Vandalem, Quarante-cinq tours de David Lescot et DeLaVallet Bidiefono…
Les plus expérimentés ont tenu leur rang. Onzième par François Tanguy et le Théâtre du Radeau, Contes africains d’après Shakespeare mis en scène par Krzysztof Warlikowski, dans le cadre de Prospero, Othello à Rennes et Hedda Gabler à Brest, mis en scène par Thomas Ostermeier, Swimming poules et flying Coqs, impromptu de Philippe Decouflé immergé dans la piscine Saint-Georges… ont été salués et plébiscités.
Sul concetto di volto nel figlio di Dio de Romeo Castellucci venait compléter, pour les spectateurs du Grand Ouest, le diptyque entrepris par la Societas Raffaello Sanzio avec Le Voile noir du pasteur d’après Nathaniel Hawthorne créé et présenté à Rennes du 15 au 19 mars 2011. Le spectacle a eu un impact considérable sur les spectateurs venus découvrir ou redécouvrir cet artiste exceptionnel.
La création régionale a montré toute sa vitalité et sa ténacité avec A nos étoiles de Babouillec mis en scène Arnaud Stephan, Plug de Paolo Duarte, A la racine de et par Marine Bachelot.
Des jeunes artistes, d’Italie, du Luxembourg et de Finlande, grâce pour certains au programme Prospero, une sorte d’Erasmus du théâtre, ont ouvert d’intrigantes perspectives.
Un public large – parmi lequel les plus jeunes, très curieux, étaient bien représentés – a rempli les salles, démontrant qu’en temps de crise, théâtre et danse sont indispensables, en quelque sorte des « produits de première nécessité ». Avec 12 % de plus, la fréquentation a fait un bond à 30 000 spectateurs par rapport à l’an dernier.
Signe du rayonnement national et international du festival, nous avons accueilli 220 professionnels dont 143 directeurs de structures ou responsables de programmation artistique et plus de 45 journalistes de différents médias (Le Monde, Libération, Le Figaro, les Inrockuptibles, Télérama, Ouest-France, Arte, France 2, France 3…).
Mettre en scène, un creuset d’auscultation et d’innovation, est reconnu comme un lieu dédié à la création, à la recherche d’écritures limites, de gestes authentiques, de moments subversifs. Pour de plus en plus d’observateurs, il est l’un des lieux prescripteurs.
Je tiens, au nom de toutes les équipes, à rendre hommage à Marie-Odile Wald, directrice adjointe du TNB, qui nous a quittés après une lutte longue et déterminée contre une maladie sournoise et implacable. Elle avait préparé cette édition avec nous jusqu’au bout de ses forces.
Tout festival digne de ce nom est fondé sur un mythe, un concept, une famille d’artistes et une question. Pour Mettre en scène le mythe c’est l’Abbaye de Thélème, chère à Rabelais, et sa célèbre devise adressée ici aux artistes : « Fais ce que voudras ». Le concept est la mise en scène qu'il faut explorer en ces temps de l'Empire du communicationnel qui en fait amplement usage. La famille d’artistes, vous la retrouverez facilement. La question, sans doute, est : « qu’est-ce qu’être présent au monde aujourd’hui ? »
Et maintenant que la création continue !
François Le Pillouër
Mettre en Scène est proposé par le Théâtre National de Bretagne - Centre Européen de production théâtrale et chorégraphique et Centre Dramatique National / Rennes, en collaboration avec le Théâtre de Cornouaille / Scène nationale de Quimper, le Musée de la danse / CCNRB, le Triangle / Cité de la danse, l’Aire Libre à Saint-Jacques de la Lande, le Grand Logis à Bruz, le Carré Magique / Pôle National des Arts du cirque en Bretagne à Lannion et le Théâtre Anne de Bretagne à Vannes. Avec la participation du Quartz / Scène nationale de Brest.
Avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Ville de Rennes, du Conseil Régional de Bretagne, du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, de Rennes Métropole et du programme Culture de l’Union Européenne dans le cadre de Prospero.